Poésie à vélo (hôpital Charles Foix)

Je ne veux pas penser à toi ici Visage gonflé, draps raides « cet hopital est un mouroir » dit mon oncle. La bâtisse, majestueuse dans le froid et tes « Aima » qui résonnent dans les couloirs jaune sale. Alors je pense à toi dans Paris au printemps. Tu sors exprès d’une bouche de métro en pantalon droit … Lire la suite Poésie à vélo (hôpital Charles Foix)

Poésie à vélo (retour d’Ivry)

La boulangerie est encore ouverte. Sur le coin de la rue, dans la nuit bleue noire. Je suis arrêtée au feu, Paris fume dans mon dos, dernière ligne droite. L’odeur de pain n’arrive pas jusqu’à moi, son souvenir est encore plus fort. Souvenirs de soirs pressés, de chaleur orange où l’on s’engouffre en tendant sa … Lire la suite Poésie à vélo (retour d’Ivry)

Grands-parents

Est-ce que ça vous arrive ? De pleurer au volant. D’avoir l’impression qu’il n’y a plus de temps. D’écrire des bribes de phrases au feu rouge avec les dents, avec le sang. Ce pressentiment qu’ils vont bientôt partir. Qu’il faudrait arrêter de tirer sur la corde. De les user, de les accuser du pire. D'user, d'user tout … Lire la suite Grands-parents

42 Kippour

Des militaires dans l’air frais et roux d’octobre. « Pourquoi ils ont des mitraillettes maman ? ». Des familles massées dans la chaleur d’une petite synagogue modeste. « Pourquoi tout le monde est habillé en blanc maman ? ». Hier c’était le jour du grand pardon, du grand contraste, du grand point d’interrogation. Qui commence comme chaque année la veille dans … Lire la suite 42 Kippour

Courir (Gard)

Une ombre est passée sur la montagne.Mon regard l’a suivie,S’est perdu dans les vignes.J’avais le vent chaud dans le cou.Encore de l’eau de la rivière,Le long de la peau.Les larmes sont montées,J’aurais bien donnerLe trop plein de beautéAux inconnus du petit cimetière,De la lavande et de l’été,Pour éclairer le fond de la terre.

Lhasa

Dès les premières notes, je suis projetée en arrière.Mon dos contre la paroi du tram.J’ai 20 ans.Éteindre. Rallumer. Repartir sur la ligne du temps.Les paroles, la voix comme une énergie ancienne, familière.Mon corps, empli de mon moi d’avant.Je suis encore tellement elle.Celle qui marchait pour comprendre,Et prenait d’autres directions juste pour voir.Ce que le trajet … Lire la suite Lhasa

10 mai

Tous les 10 mai se ressemblent. Frôlement du vent dans les feuilles, rayons chauds par moments, par endroits, on profite du soleil comme d’un apéro avant le grand dîner de l’été. Je marchais beaucoup dans les rues désertes, le ventre tendu comme un ballon dur, haut placé, on me croyait enceinte de jumeaux, il s’agissait … Lire la suite 10 mai