J’ai senti un coup de poing tout à l’heure en lisant ton message. Un uppercut qui coupe la respiration, un comme dans les films d’action qui plie le corps en deux, exorbite les yeux et appuie sur l’estomac, même plus faim pour le quatre-heures.
J’ai entendu des cris, des pleurs. C’était pas moi, c’était pas aujourd’hui. Un de ces rêves qui fait peur. Et dont raffolent les psy. L’enfance expliquerait tout. Même les errances, même les erreurs.
Je suis pas seule dans mon cœur. Mes cauchemars sont les tiens. J’ai ton chagrin qui écrase le mien. J’ai ton regard qui comprend rien. J’ai ton haleine innocente et tes mains qui jamais ne mentent. J’ai ta douleur accrochée à l’intérieur. Ça ne sert à rien, je le sais bien. Mais je sens tout, j’avoue, avec vous, je suis devin.
Lorsque je cours surtout, lorsque l’adrénaline me donne cette impression de voler, d’avoir 10 ans, d’avoir du temps, d’être un géant. Vous êtes là à courir à côté de moi, toujours, dans l’euphorie aussi, vous êtes là, à côté de moi. Les gens disent « vis pour toi, arrête un peu de parler d’eux ». Les gens disent « ménage toi, ça sert à rien, chacun son chemin ».
Et moi je refuse cette idée, je la piétine, je la noie. Il n’y a pas de ma, il n’y a pas de ta. Il y a la vie, nos joies, nos peines, à partager. A trois.
